Tabac et grossesse

Tabac et grossesse

En France comme dans le reste du monde, le tabagisme concerne également les femmes enceintes. Plus de 20% d’entres elles fument durant toute leur grossesse, ce qui fait près de 180000 fœtus intoxiqués par le tabac. Malgré les campagnes anti-tabac à répétition, de plus en plus de femmes continuent à fumer la cigarette.

La préoccupation est d’autant plus importante concernant les femmes qui fument au cours de leur grossesse.  En effet, on  dénombre plus de 36% de françaises fumeuses en début de grossesse et 22 % continuent même durant le dernier trimestre. Même après avoir arrêté de fumer au cours de leur grossesse, plus de la moitié reprennent après l’accouchement. Pourtant, les risques inhérents au tabagisme durant la grossesse sont multiples et importants.

 

Des effets bien avant la grossesse

Chez la femme, les effets du tabac apparaissent bien avant qu’elles ne soient enceintes. En premier lieu, le tabagisme a une influence sur la fertilité : chez l’homme comme chez la femme qui fume, la durée de la conception s’accroit et la situation s’aggrave à mesure que l’âge des futurs parents est avancé. Le tabac réduit la réserve de quantités d’ovocytes dans l’ovaire et a un effet anti-œstrogène, en plus d’affecter la glaire cervicale. Par ailleurs, le tabac a un impact sur la fécondité car il augmente l’infertilité d’origine tubaire. Pour les femmes devant recourir aux fécondations in vitro, le taux de réussite diminue.

Par ailleurs, à cause du tabac, les risques de pathologies augmentent chez la femme et cela, proportionnellement à la quantité quotidienne consommée. Sous l’effet de la nicotine, la mobilité tubaire diminue d’où un risque accru de grossesse extra-utérine. Néanmoins, la situation est réversible car le risque redevient identique à celui d’une non-fumeuse après l’arrêt du tabac de plus d’un mois avant la conception.

D’autre part, le tabagisme durant la grossesse accroît les risques de fausse-couche spontanée en fonction de la consommation de cigarettes au quotidien. Par exemple, le risque est de 10% de plus que chez les non-fumeuses pour les femmes qui prennent plus de 20  cigarettes par jour, tandis que  chez les femmes qui brûlent plus de 35 tiges par jour, le risque augmente de 25% par rapport à la normale. Selon les professionnels, cela serait dû au fait que le tabac altère la qualité de l’endomètre, celui-ci devenant ainsi impropre à la nidation. En outre, les ovocytes et le blastocyte (au stade de la fécondation) sont altérés, de même que le flux sanguin diminue à cause de la nicotine.

 

Nicotine : quels effets sur le fœtus ?

Le premier risque pour un fœtus chez une femme qui fume au cours de sa grossesse est le retard de la croissance intra-utérine. Ce retard est fonction de la quantité de tabac consommée quotidiennement. Toutefois il y a des menaces même pour une quantité réduite de tabac. Ainsi, le risque augmente d’environ 6%  lorsque la femme consomme entre 1 à 5 cigarettes par jour. Le tabagisme durant la grossesse pourrait aussi entraîner des malformations du fœtus, mais cette théorie reste  encore à discuter. D’après certains scientifiques, il est possible que des anomalies du tube neural apparaissent sous l’effet de la nicotine.

Il y a également des risques d’anomalies au niveau des membres, des appareils urinaires ou du système cardiaque. Cependant, ce risque n’est considérable qu’au delà d’une consommation de 20 tiges par jour. Par ailleurs, la mort fœtale in utéro (MFIU) est un des risques graves du tabagisme  au cours de la grossesse. On avance que le tabac serait responsable de plus d’une MFIU sur 10, à cause des complications au niveau du placenta et des risques sur la croissance intra-utérin.

 

 

 

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