Un marché de cigarettes invisible à Orléans

En effet, après une étude menée par MSIntelligence, 25,5 % des cigarettes fumées à Orléans n’ont pas été achetées chez les buralistes de la ville et encore moins dans le circuit français. D’où viennent-elles dans ce cas ?

En France, toutes les cigarettes sont contrôlées depuis leur arrivée dans le pays ou leur lancement sur le marché jusqu’à leur achat. C’est donc avec une certaine surprise qu’on a découvert que plus d’un quart de cigarettes fumées à Orléans proviennent de source inconnue d’où le terme de marché invisible. Selon les chiffres découverts durant cette enquête, 1 cigarette sur 5 aurait été achetée ailleurs qu’auprès d’un bureau de tabac et à Orléans, ce serait carrément 2 sur 4, voire 3 sur 4.

Orléans, idéale pour la contrebande ?

Dans le rapport de cette étude, Orléans est qualifiée de « carrefour routier et donc de contrebande », des qualificatifs auxquels Ghislène Le Paih, responsable du pôle économique de la ville n’est pas d’accord à 100%. Elle accepte toutefois le fait que l’A 10 est une voie de passage naturelle pour les stupéfiants.

Durant l’année 2012, en région Centre, les approvisionnements illicites ont atteint jusqu’à 1,4 tonne, un chiffre vraiment alarmant qui inquiètent beaucoup les buralistes du coin et les fabricants de cigarettes de la ville. Néanmoins, peut-on parler de marchandises illicites ?

Pour en avoir le cœur net, quelques fabricants de tabac ont lancé cette enquête qui a couvert tous les pays européens et ceux de l’Amérique latine.

Pour faire le travail, les enquêteurs se sont lancés dans ce qu’ils appellent « ramasse-paquets ». Cela consiste à ramasser tous les paquets de cigarettes vides qui trainent un peu partout dans les villes.

Résultat, à Orléans, 28 paquets vides sur 110 proviennent de pays étrangers. Comment sont-ils arrivés en France ? Les enquêteurs n’ont pas pu le préciser vu que ces paquets peuvent très bien venir d’une boutique duty-free ou achetés en ligne. Certains pensent aussi que ce chiffre aurait été favorisé par la période de vacances vu que l’enquête a été menée au mois de juillet.

Le président de la chambre syndicale des buralistes du Loiret trouve toutefois ce 25 % correct, car lui-même pense qu’on en est à 30 %. Selon lui, il ne s’agit pourtant pas de contrebande ou de marchandises illicites, car les fumeurs vont jusque dans les villes voisines frontalières pour s’en procurer moins cher.

Ce qui est sûr, c’est que les fumeurs essaient de trouver des moyens pour se procurer des cigarettes à bas prix que ceux affichés chez les buralistes de la ville. Au grand dam de ces commerçants qui voient chaque année leur chiffre d’affaire diminué face à cette concurrence invisible. Les détaillants se sont d’ailleurs déjà plaints à maintes reprises de la hausse des prix des cigarettes qui ont fini par pousser les consommateurs à aller voir ailleurs (dans le sens propre du terme).

Avec l’essor prépondérant que la cigarette électronique connait ces dernières années, le cas des buralistes n’est pas prêt de s’arranger pour autant, même si l’État prenait des mesures sérieuses contre ce marché invisible de tabac.

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