Les cigarettes de contrebande passées au microscope

Les cigarettes de contrebande passées au microscope

Le commerce de tabac est dernièrement soumis à une hausse relative des prix sur le marché de près de 20 centimes par paquet. Du coup, les consommateurs invétérés de ce produit sont de plus en plus tentés de se tourner vers le marché noir pour s’en approvisionner tout en espérant y trouver la même qualité dans leur composition. Pourtant, le cas contraire se présente. Europe 1 a mené son enquête au laboratoire des Douanes françaises qui se trouve à Marseille pour tenter de savoir ce qui composent véritablement ces cigarettes.

Parmi ses composantes, les métaux lourds sont ceux qui sont retrouvés en plus grande quantité dans les tiges de cigarette du marché noir. On sait tous que la cigarette contient des matières toxiques mais dans le cas d’un produit contrefait, leurs proportions sont beaucoup plus importantes, jusqu’à sept fois plus en mercure et huit fois plus en plomb. Le cadmium et l’arsenic y sont retrouvés en trois fois plus.

Plus inquiétant encore, on a retrouvé dans les cigarettes de fabrication chinoise, des éléments qui, normalement, ne devraient pas être contenus dans ces produits-là comme des cheveux, des morceaux de tissu, du ciment, de la sciure de bois ou encore des déjections d’animaux comme les rats, les souris et autres insectes. A partir des recherches, ils en ont conclu que ces composants-là sont issus de l’environnement de confection des cigarettes, quelque fois produits en sous-sol ou dans des endroits insalubres.

A part cela, les recherches ont aussi amené à découvrir que le papier utilisé pour l’enveloppe des cigarettes de contrefaçon n’est pas règlementaire et peut même provoquer des incendies. En effet, la norme concernant ce papier est qu’il ne peut pas brûler sans une aspiration, une capacité que le papier du marché noir n’a pas.

On a constaté également des caractéristiques inquiétantes sur le filtre de la cigarette, ce qui n’est pas retrouvé sur une recharge cigarette électronique. Pour remplacer l’ouate qui est beaucoup plus cher sur le marché, ils ont choisi le polypropylène pour concevoir le filtre. Cette matière et normalement utilisée dans l’industrie automobile et est un composant important des tapis synthétiques.

Pour ce qui est de l’esthétique de la chose, les mafieux ne résinent pas sur les moyens. En effet, ils disposent aujourd’hui d’appareils pouvant reproduire parfaitement les emballages des grandes marques de cigarettes en y déposant leurs logos ainsi que les fameux avertissements sanitaires reliés à la consommation de ce produit. Un réseau qui avait 60 modèles d’emballages de la marque Marlboro a même été découvert en Chine.

Les chercheurs ont mis à jour la source des principaux réseaux de contrefaçon en matière de cigarettes et en sont venus à la conclusion que la Chine et les pays de l’Europe de l’Est sont les plus importants. De la Chine, les produits malfaits sont stockés à Dubaï pour pouvoir être distribués sur les ports de Gênes, Gioia Tauro et Brindisi. On compte aussi l’Italie, l’Ukraine, la Pologne et la Russie dont les exportations sont de plus en plus importantes chaque année, la Russie étant connue pour son réseau de mafias. De ce fait, la contrefaçon dans la production de cigarette représente un des problèmes majeurs sur les frontières de l’Union Européenne d’après le rapport de la Commission européenne.

Les malfaiteurs ont même leur propre marque « Jin Ling » qu’ils commercialisent depuis la Chine et qui, selon les 258 millions de cigarettes saisies en 2007 à la douane de l’Union Européenne, doit avoir du succès au près des consommateurs. La marque n’existe pourtant pas officiellement mais doit peut-être son succès à sa forme et sa couleur très proches de celles de la marque Camel.

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