La cigarette électronique au centre des débats à Bruxelles

La cigarette électronique au centre des débats à Bruxelles
Bruxelles va adopter le 3 décembre prochain un projet relatif à l’utilisation de la cigarette électronique. Les arômes, trouvés sur le marcher pourraient bien disparaître. Soucis de santé publique ou pression de l’industrie du tabac?
La cigarette électronique n’est pas vue du bon œil chez les autorités européennes. Le Conseil, la Commission et le Parlement européens publieront le 3 décembre prochain leurs projets d’amendement de la directive européenne sur le tabac. L’objectif est d’encadrer et de règlementer l’utilisation.
En octobre dernier, les députés européens s’étaient prononcés contre une proposition de la Commission européenne qui envisageait de donner à l’e-cigarette le statut de médicament. Par contre, elles sont en vente libre mais interdites aux mineurs.
Cette fois-ci, les instances européennes montent le ton. La Commission européenne veut interdire l’usage de recharge d’e-liquide et des atomiseurs rechargeables, selon Les Echos. Ainsi, les arômes seraient réduits . “Seules les saveurs qui sont autorisées dans le cadre des thérapies de sevrage seraient possibles, sauf si elles sont particulièrement attractives pour les jeunes et les non-fumeurs“, stipule le projet européen.
Dans certains cas, la cigarette électronique peut être un produit d’appel vers le tabac. Les arômes proposés attirent les jeunes qui sont sous l’emprise d’un effet de mode. Il faut éviter de rentrer dans cette dynamique“, explique Gérard Audureau président de l’association Droit des non-fumeurs. Mais ils représentent aussi “toute la force de ce type de produit”. “Si ce projet est validé, cela va anéantir toutes les chances de remplacer le tabac par la cigarette électronique“, dit encore Arnaud Dumas de Rauly, secrétaire général adjoint du Collectif des acteurs de la cigarette électronique (Cace).

Concurrent potentiel de l’industrie du tabac

Pour Sébastien Bouniol, vice-président de l’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (Aiduce), “les arguments mis en avant par Bruxelles ne font que servir les intérêts de l’industrie du tabac. On ne se préoccupe pas de la santé des citoyens mais plutôt des millions que représente de marché. C’est un lobbying très violent”.
Et ce parce que, l’e-cigarette engendre entre 100 et 200 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2013, avec 1,5 million de consommateurs réguliers et 700 boutiques spécialisées en France, selon le Cace.
La cigarette électronique est un moyen efficace pour arrêter de fumer, ce qui implique la baisse du chiffre d’affaire du tabac en France. En effet, le marché du tabac a confirmé sa baisse et a enregistré un recul de 2,70% à 7,574 milliards d’euros sur un an au premier semestre 2013.
Selon toujours Gérard Audureau, “ce produit peut aider un fumeur à se sevrer mais il faut rester vigilant car on ne connait pas encore les effets sur la santé”. D’où la volonté de Bruxelles d’imposer aux fabricants et aux distributeurs la mise en place d’études détaillant les effets indésirables dus à l’utilisation de l’e-cigarette.

Quel statut attribuer à l’e-cigarette ?

Les ventes transnationales de cigarettes via Internet est un autre sujet sur lequel, la Commission européenne va se pencher “C’est contraire à la raison d’être de l’Union européenne. On a imposé à la cigarette électronique le pire de la législation du tabac et le pire de la législation du médicament. La cigarette électronique ne tue pas, celle avec du tabac, oui” juge Sébastien Bouniol.

Et c’est le sujet d’un interminable débat. Quel statut faut-il donné à la cigarette électronique un médicament ou un substitut ? Car même les instances européennes n’arrivent pas à se mettre d’accord dans quelle catégorie classer l’e-cigarette. En effet, le Parlement européen a opté pour un dérivé du tabac tandis que la Commission européenne a proposé de l’associer à la catégorie des médicaments.

L’e-cigarette ne contient pas de tabac et “seulement 10 à 15% des modèles vendues contiennent de la nicotine“, note Arnaud Dumas de Rauly. Réponse de Sébastien Bouniol, “ce n’est ni l’un, ni l’autre“. L’e-cigarette ne contient pas de tabac et 10 à 15% des modèles vendues contiennent de la nicotine. “Il faut créer une réglementation spécifique à ce produit qui doit être considéré comme une alternative délivrant de la nicotine”, surenchérit Arnaud Dumas de Rauly.

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