La cigarette à tout prix

Certains dépendants du tabac pourraient se mettre au sevrage suite à une intervention chirurgicale. Cependant, bon nombre d’entre eux continuent à fumer, malgré le fait d’avoir subi une hospitalisation.

Fumer au dépit de sa santé

On aurait tendance à croire que fait d’avoir été hospitalisé pourrait impliquer une réticence à replonger dans la dépendance à la nicotine. C’est pourtant loin d’être le cas. Devant le CHU de Rouen, plusieurs patients se mettent à griller une cigarette. En pyjama, malgré l’obligation de faire le va-et-vient entre plusieurs étage afin d’atteindre la zone fumeurs, qu’il fasse beau ou non, tout cela importe peu pour ces personnes qui ne peuvent se passer du tabac. Selon un médecin, il y avait même eu un patient ayant subi une trachéotomie fumait par le trou dans sa gorge. C’est donc une réalité : il y a des patients qui fument, le bras accroché à leur perfusion. Eric, 47 ans, fait partie de ces patients. Sachant tout à fait que dépendre de la nicotine est mauvais pour la santé, il sort de l’hôpital plusieurs fois par jour, même en pleine nuit. D’après lui, le personnel médical laisse les patients griller une cigarette pour préserver l’ambiance dans les services.

Josiane, 53 ans, fume devant l’anneau central de Charles Nicolle. En hospitalisation depuis quatre jours au sein du service des maladies infectieuses, elle est sortie depuis la veille pour griller une cigarette. Selon elle, il y a trois jours, elle était alitée à cause de la fièvre et ne pensait pas à fumer. Pour éviter le tabac, les médecins lui ont proposé des patchs, sans pour autant lui interdire de se remettre à fumer.

La nicotine toujours présente

Malgré les effets néfastes du tabac sur la santé, ces patients continuent à consommer de la nicotine. Jean-François, 58 ans, en tenue d’hôpital, déclare, la cigarette à la main, que ce ne serait pas maintenant qu’il allait arrêter. Malgré son obstruction intestinale, il fume quotidiennement quatre à cinq tiges. À son sens, c’est une bonne chose, estimant que cela est une preuve que sa santé s’améliore. À côté de lui, on offre des cigarettes à Liliane, 48 ans. En pyjama, gants et chaussons, elle déclare en s’excusant qu’elle n’a pas l’habitude de demander des cigarettes aux gens, mais qu’il n’y avait pas de tabac dans l’hôpital et sa famille n’a pas pensé à lui en ramener le week-end dernier. Elle explique par ailleurs qu’apporter des cigarettes n’était pas la priorité pour ses proches.

A l’hôpital, le tabac n’est pas non plus une priorité, bien que plusieurs membres de personnel médical fument la cigarette. Il paraît aussi qu’au sein de l’établissement, certaines pièces étaient des zones fumeurs. Pour Eric, c’est une aberration. Il estime que l’hôpital est bien conscient que les patients ne cesseraient pas de fumer et que les gens malades sortaient avec des vêtements légers pour fumer. Il souhaiterait alors qu’il y ait des endroits réservés aux fumeurs.

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