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Opérations et tabac : quand s’arrêter de fumer ?

(Mis à jour le: 7 novembre 2019)

Quand un patient fumeur doit se faire opérer, le chirurgien lui recommande toujours d’arrêter de fumer pendant un certain temps. Ces recommandations concernent aussi bien la partie pré-opératoire que post-opératoire. Dans la totalité des cas, un sevrage total est même conseillé. Quelle relation y a-t-il entre tabagisme et opération ?

Pourquoi faut-il arrêter de fumer dans le cadre d’une chirurgie ?

Si les chirurgiens le recommandent tout le temps, c’est parce que le tabagisme génère un sur-risque opératoire chez les patients fumeurs. En effet, cela augmente les risques de complication à différents niveaux de l’intervention.

Il y a les risques directement liés à l’opération proprement dite c’est-à-dire à l’acte chirurgical, mais pas seulement. Les risques peuvent également survenir durant la phase de cicatrisation.

Quelles sont les complications opératoires liées au tabagisme ?

Chez les patients fumeurs, le tabagisme entraîne différentes sortes de risques. On peut notamment citer :

Les risques respiratoires :

La réalisation d’une chirurgie sous anesthésie générale présente toujours un risque chez le patient, qu’il soit fumeur ou non-fumeur. Toutefois, si chez le non-fumeur, ce risque se situe entre 5 à 25%, chez le fumeur, il augmente à 10 à 55%.

Lesdites complications surviennent au niveau des voies pulmonaires et peuvent être mineures à graves. Il peut s’agir d’infections, d’encombrements bronchiques, … Selon les études, plus de 22% des fumeurs en souffrent contre seulement 4,9% chez les non-fumeurs et 12,8% chez les anciens fumeurs.

En ce qui concerne les complications plus graves qui peuvent survenir au moment de l’intervention, les fumeurs sont plus exposés. Il peut s’agir de détresse respiratoire aigüe, de pneumopathie ou même de décès.

Dans le cadre de chirurgie cardiothoracique et abdominale sus-mésocolique, le risque de morbidité pulmonaire après l’intervention reste élevé. Pour les experts, cela est dû à l’altération de la mécanique pulmonaire, à la fragilisation de la barrière immunitaire et à l’altération des échanges gazeux.

Il va de soi que les risques sont plus importants chez les gros fumeurs que les petits fumeurs. Dans leur cas, le passage en soins intensifs est quatre fois plus important à cause de problèmes pulmonaires.

Arrêter de fumer

Les risques infectieux :

Le tabagisme accroît les risques d’infections chez les personnes opérées. Les complications peuvent de ce genre surviennent généralement après l’intervention.

Les plus courants concernent la cicatrisation. Des études ont effectivement démontré un retard de la cicatrisation chez les fumeurs. Cela concerne aussi bien les tissus que les os. Dans certains cas, on voit même apparaître des infections au niveau des incisions réalisées lors de la chirurgie. Des lâchages des sutures ou des cicatrices hypertrophiques peuvent également survenir. Suite aux observations menées sur un échantillon de plaies, le taux d’infection s’est élevé à 12% chez les fumeurs contre seulement 2% chez les non-fumeurs. Le taux de lâchage, quant à lui, a atteint les 12% chez les fumeurs contre 0% chez les non-fumeurs.

En ce qui concerne la nécrose des tissus, les fumeurs sont trois à six fois plus exposés en fonction de leur profil fumeur.

Il faut souligner que les problèmes de cicatrisation se présentent également suite à des interventions orthopédiques. Dans ces cas-ci, ce sont les os qui tardent à se ressouder. Cela se présente dans 31% des cas chez les fumeurs et dans 5% des cas chez les non-fumeurs.

En général, tous les types de chirurgie sont concernés y compris les interventions réalisées dans un but esthétique. Il a, par exemple, été déterminé que les complications infectieuses sont 3,5 fois plus importants chez les fumeuses suite à une chirurgie mammaire.

Selon les spécialistes, les problèmes infectieux sont rattachés à la nicotine et au monoxyde de carbone que produit la cigarette. La nicotine a un effet vasoconstricteur sur les tissus, réduit la circulation de l’oxygène et freine la production de collagène. Le monoxyde de carbone, quant à lui, entraîne une mauvaise oxygénation des tissus et une mauvaise circulation sanguine.

Les risques cardiovasculaires :

Le tabagisme est également néfaste pour le système cardiovasculaire. Sa consommation augmente effectivement le taux de monoxyde de carbone dans le sang. Résultat : le taux de carboxyhémoglobine augmente également ce qui va réduire la capacité du sang à véhiculer de l’oxygène vers le myocarde. Le cœur est alors mal oxygéné ce qui génère de nombreux problèmes de santé.

Parmi les maladies courantes, on peut citer la pathologie coronarienne. Si le fumeur en est déjà atteint et qu’il continue de fumer, il risque une ischémie myocardique. Si le fumeur n’en est pas atteint, sa consommation importante de tabac l’expose à des risques d’infarctus du myocarde supérieur.

Dans tous les cas, les spécialistes sont d’accord pour dire que le tabagisme augmente, de manière significative, le risque thromboembolique après une intervention chirurgicale.

Arrêter de fumer

Quand faut-il arrêter de fumer dans le cadre d’une chirurgie ?

Pour les fumeurs, même si la chirurgie n’est souhaitable à quiconque, le fait de passer sous le bistouri est une occasion d’arrêter de fumer. Comme intervention chirurgicale et tabagisme ne font pas bon ménage, un sevrage s’impose.

Pour les chirurgiens, le mieux serait que le patient arrête définitivement. S’il n’y arrive pas, ils leur donnent un délai à respecter pour s’abstenir de fumer. Plus tôt le sevrage commencera avant l’intervention, moins les risques seront présents. Il faut alors retenir que :

  • un arrêt de tabac à plus de six semaines avant la date de la chirurgie n’expose le patient à aucun risque opératoire ;
  • un arrêt à plus de trois semaines avant l’intervention réduit sensiblement les risques de complication ;
  • un arrêt établi entre 12 à 48 heures avant l’intervention engendre une baisse du monoxyde de carbone dans le sang. Cela signifie que le patient bénéficie d’une meilleure oxygénation ;

Par ailleurs, le sevrage ne doit pas uniquement se faire avant l’intervention. Il doit également être maintenu après l’opération pour favoriser la cicatrisation. De préférence, ce sevrage devrait durer jusqu’à parfaite maturité cicatricielle, c’est-à-dire pendant environ 12 mois. Dans le cas où le fumeur n’arrive pas à respecter ce délai, il devrait au moins faire l’effort de poursuivre le sevrage pendant les quatre premiers mois post-opératoires.

Auteur de l’article : julien

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